Entreprises et établissements publics au Cameroun : Louis Paul MOTAZE signe le reclassement dans un contexte de contre-performances
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- il y a 4 jours
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Par arrêté du ministre des Finances signé le 13 août 2026, une nouvelle classification désormais de mise pour 34 entreprises publiques en cinq catégories, sur la base des performances des exercices 2022, 2023 et 2024. 75 établissements publics également soumis à un reclassement qui vise à harmoniser la gouvernance et les rémunérations selon les chiffres d'affaires.
En effet, depuis le décret 2019/322 fixant les catégories d’Etablissements publics, la rémunération, les indemnités et les avantages de leurs dirigeants et le décret 2019/321 du 19 juin 2019 fixant les catégories d’Entreprises Publiques, la rémunération, les indemnités et les avantages de leurs dirigeants, les établissements publics et les entreprises publiques sont classés par catégorie en fonction du budget réalisé ou selon le critère du chiffre d’affaires.
Cette classification a pour objectif l’harmonisation et la visibilité sur la rémunération, les indemnités et les avantages des Présidents de Conseil d’Administration, des Administrateurs, des Directeurs Généraux et Directeurs Généraux Adjoints desdits entreprises et établissements publics. Elle s’inscrit dans la logique de l'évaluation du cadre juridique régissant les établissements et entreprises relevant du portefeuille de l’Etat qui vise l’amélioration de l’offre de service et la compétitivité des entreprises publiques, au regard des objectifs de développement du Cameroun.
Répartition par catégorie :
· 1ère catégorie (Chiffre d’affaires > 100 milliards FCFA) : 7 entreprises (dont Camtel, le PAD et Alucam).
· 2ème catégorie (50 à 100 milliards FCFA) : 1 entreprise (Sonatrel).
·3ème catégorie (10 à 50 milliards FCFA) : 7 entreprises (dont la CDC, Camair-Co, Camwater et la SCDP).
· 4ème catégorie (5 à 10 milliards FCFA) : 3 entreprises (dont la Sopecam).
· 5ème catégorie (≤ 5 milliards FCFA) : 16 entreprises.

Entreprises et établissements publiques face au poids de la dette
À fin juin 2026, l'encours de la dette intérieure directe des entreprises et établissements publics (EEP) au Cameroun s'établit à 319,6 milliards de FCFA (en baisse de 8,3 % sur un an). La Caisse Autonome d'Amortissement (CAA) indique que 93 % de cette enveloppe est concentrée sur seulement trois entités en difficulté : la Sonara, Camair-Co et Camtel.
Structure de l'endettement des entreprises publiques
Montant global de la dette directe : 319,6 milliards de FCFA (en recul de 0,8 % par rapport au premier trimestre 2026).
Répartition des trois principales entités (297,3 milliards de FCFA au total) :
*Sonara (Société nationale de raffinage) : 191,3 milliards de FCFA (environ 59,9 % du total, comprenant 162,4 milliards d'engagements bancaires et 28,8 milliards de dettes fournisseurs).
*Camair-Co : 62,4 milliards de FCFA.
*Camtel (Cameroon Telecommunications) : 43,6 milliards de FCFA.
L'urgence d'une gestion efficiente au sein des entreprises et établissements publics
Les entreprises et établissments publiques au Cameroun son sujets à critique relativement à une gestion jugée globalemnt insatisfaisante : absence d'outils modernes de gouvernance , retard dans l’arrêt des comptes , recrutements fantaisistes et opaques , qualité de la depense approximative , absence de transparence , vetusté de l'appareil productif , qualité de services insatisfaisante ... un ensemble de griefs qui epingle les dirigeants des EEP dont les mandats hors cadres legaux pour la majorité , suscite plus d'amertume que de satisfecit au sein de l'opinion publique .
Ce reclassement sonne également comme une interpellation du ministère des finances visant à professionnaliser et à fiabiliser la gestion financière des entreprises où l’État détient une participation significative, avec comme objectif ultime, de consolider la transparence, la crédibilité et la qualité de l’information financière produite par les entités publiques, piliers essentiels de la performance économique et de la confiance institutionnelle.
Dans un environnement économique mondialisé et de plus en plus compétitif, les entreprises publiques doivent impérativement renforcer leur gouvernance financière. La transparence et la rigueur dans la production et la publication de leurs comptes ne sont plus une option, mais une nécessité pour asseoir leur légitimité et maintenir la confiance des investisseurs et partenaires .
Serge SEPPOH



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