Sommet des BRICS à New Delhi :commerce, énergie, chaînes d’approvisionnement, intelligence artificielle et paiements internationaux au cœur des réflexions

Narendra Modi ,le premier ministre indien accueille ses homologues Xi Jinping, Vladimir Poutine, et plusieurs dirigeants du Sud global , à New Delhi pour un sommet des BRICS particulièrement stratégique.
Le bloc rassemble désormais 11 pays et représente près de la moitié de la population mondiale et environ 40 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat.
L’Inde accueille les dirigeants les 12 et 13 septembre, dans un contexte particulièrement tendu : guerre au Moyen-Orient, Ukraine, perturbations énergétiques, tensions commerciales et multiplication des sanctions.
Parmi les principaux dirigeants présents :
Narendra Modi
Xi Jinping
Vladimir Poutine
Masoud Pezeshkian
Cyril Ramaphosa
Prabowo Subianto
Abdel Fattah al-Sissi

Xi Jinping effectue notamment sa première visite en Inde depuis sept ans, un symbole important après des années de tensions entre Pékin et New Delhi.
Mais derrière la géopolitique, l’économie occupe une place centrale.
Les BRICS veulent renforcer leur coopération sur le commerce, l’énergie, les chaînes d’approvisionnement, l’intelligence artificielle et les paiements internationaux.
Xi Jinping a notamment proposé une initiative visant à accélérer la coopération entre les BRICS dans l’IA et la nouvelle industrialisation.
Autre dossier particulièrement sensible : la dépendance au dollar.
La Russie pousse pour développer davantage les paiements transfrontaliers et les règlements en monnaies nationales ou numériques, notamment pour réduire la vulnérabilité de certains membres aux sanctions occidentales. Mais plusieurs pays, dont l’Inde, restent beaucoup plus prudents sur une véritable « dédollarisation ».
Les droits de douane américains sont également au cœur des discussions.
Dans leur déclaration commune adoptée ce samedi, les BRICS ont critiqué les mesures tarifaires et non tarifaires unilatérales susceptibles de perturber le commerce mondial. Le texte insiste également sur la nécessité de maintenir la circulation des marchandises, de l’énergie et des chaînes d’approvisionnement.
Le message est clair : les économies émergentes veulent obtenir davantage de poids dans la gouvernance économique mondiale, notamment au FMI, à la Banque mondiale et dans les institutions internationales.
Mais les BRICS restent loin d'être un bloc homogène.
L’Inde entretient des liens étroits avec les États-Unis, la Russie est sous sanctions occidentales, la Chine cherche à accroître son influence internationale et l’Iran et les Émirats arabes unis se retrouvent dans le même groupe malgré des intérêts géopolitiques profondément divergents.
C’est tout le paradoxe des BRICS : leur poids économique devient immense, mais transformer cette puissance en véritable unité politique et financière reste leur principal défi.
À New Delhi, ils tentent désormais de montrer qu'ils peuvent passer d'un forum de puissances émergentes à un véritable contrepoids dans l'économie mondiale.
Joe ETONDE



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